De la bienveillance dans la relation soignant-soigné

Apports de la sophrologie

Comme vous avez pu le découvrir sur mon profil, dans une autre vie pas si ancienne, j’étais sage-femme. Une sage-femme qui s’était attachée à mettre la bienveillance au cœur de sa pratique.

Désormais sophrologue, la bienveillance est le moteur de ma pratique et ce que j’essaie de partager avec les personnes qui viennent me voir.

C’est pourquoi j’avais envie aujourd’hui de partager avec vous mes réflexions concernant l’apport de la sophrologie pour plus de bienveillance dans le soin.


De la maltraitance à la bienveillance

Beaucoup de personnes sont en recherche de bienveillance dans les soins.

Les patients, qui ne se sentent pas toujours bien traités.

Les soignants, qui se sentent également maltraités et qui en deviennent parfois maltraitants.

L’Académie Nationale de Médecine abordait déjà cette question en 2006 en proposant des recommandations pour améliorer la communication soignants-soignés (voir ici).

Ces dernières années, la question de la maltraitance a émergé dans l’actualité, notamment dans la communauté féministe via les réseaux sociaux avec le hachetague #payetonuterus. Cette prise de conscience a abouti à l’édition d’un rapport par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (voir ici).

Plus récemment, c’est la crise sanitaire liée au Covid-19 qui a mis en évidence un biais dans la relation soignant-soigné : si les soignés ont facilement acclamé les médecins sur leurs balcons à 20h tous les soirs, cela n’a pas empêché la montée d’un sentiment de rancœur et de désillusion de la part des soignants face à des personnes qui, après avoir bataillé pour obtenir des masques, refusent aujourd’hui volontairement de les porter.

Des prises de conscience

Au milieu de tout cela, des pensées émergent, des actions se mettent en place. De plus en plus de professionnels de santé réfléchissent à leur pratique, la remettent en cause (voir le Blog de Litthérapeute ou les nombreux livres de Martin Winckler). Des patients deviennent patients-experts afin de travailler en collaboration avec le milieu médical (voir ici). La bienveillance cherche de plus en plus à trouver sa place dans la relation soignant-soigné.

En tant que sophrologues, professionnels de la Bienveillance, nous pouvons soutenir les soignés et les soignants dans cette démarche.

La sophrologie et l’apprentissage de la Bienveillance

Le rôle du sophrologue

Nous pouvons autant accompagner les patients que les soignants dans cette recherche de bienveillance. 

  • En les entrainant à (mieux) prendre soin d’eux, pour prendre soin des autres, pour prendre soin de leur relation.
  • Nous pouvons les aider à devenir plus bienveillants envers leur corps malmené, parfois mal-aimé.
  • En les soutenant dans leurs prises de décisions, pas toujours faciles, souvent difficiles.
  • Bref, nous pouvons les aider à être bienveillants envers eux-même.

Il y a de nombreux moyens d’être bienveillant envers soi et envers les autres.

La sophrologie en est un parmi d’autres.

La force de la sophrologie

  • A travers son approche corporelle, la sophrologie nous réapprend à être bienveillant envers notre corps, à l’accepter tel qu’il est : faillible mais digne d’amour, d’estime, de reconnaissance envers ce qu’il nous permet (ou non) de faire. Accepter ses limites, les repousser ou s’en contenter. La sophrologie nous permet de nous regarder tels que nous sommes et pas tels que nous « devrions être ». Ici et maintenant.
  • Grâce à son versant capacitaire, la sophrologie nous réapprend la confiance en nous, en nos capacités… et parce que nous pouvons avoir confiance en nous, nous pouvons éloigner le stress… et laisser s’exprimer la bienveillance.
  • Par son principe d’action positive, la sophrologie nous réapprend à voir les petites choses, les petits progrès, à les magnifier… et parce que nous avons ce regard positif sur le monde, nous pouvons le porter avec bienveillance sur nos patients et/ou soignants.
  • A travers l’époché et le « non-jugement », la sophrologie nous réapprend à accepter les choses telles qu’elles sont, ici et maintenant, sans analyse, sans jugement, sans à-priori. Et lorsque les jugements, les à-priori sont mis de côté, la bienveillance peut enfin s’exprimer librement. Dans une relation égalitaire.
  • En nous invitant à étudier nos valeurs, la sophrologie nous réapprend à être en accord avec nous-mêmes, avec nos valeurs, avec ce que nous pouvons accepter et ce que nous pouvons refuser. Être en accord avec soi-même, pour se respecter en tant que soignant libre de ses propositions diagnostiques et/ou thérapeutiques. Être en accord avec soi-même, pour se respecter en tant que patient libre de faire un réel choix « libre et éclairé ».

Si je rencontre majoritairement des patients dans mon cabinet, je commence peu à peu à rencontrer des professionnels de santé. Un premier pas sur le chemin de la bienveillance soignant-soignés !