Lectures de sophrologue : Pourquoi les bébés jouent ? de Laurence Rameau, Editions Philippe Duval

Hum… Un livre sur les bébés ? Sur le jeu des bébés ?

Je vous vois venir : « Mais pourquoi nous parle-t-elle donc ce livre ? »

Et bien, tout simplement parce que, et je l’ai déjà dit, faire de la sophrologie, c’est regarder le monde avec des yeux d’enfants, comme si c’était la première fois.

Faire de la sophrologie, c’est se laisser surprendre, mettre ses à-priori de côté, jouer avec ses sensations, son corps, ses sens. Se laisser guider par ce qu’il nous apprend de nous-même, du monde qui nous entoure.

Exactement comme le font les enfants lorsqu’ils jouent. Exactement comme le font les enfants lorsqu’ils découvrent le monde en jouant.

Alors oui, ce livre nous parle des enfants. Mais si nous, adultes, nous décidions de le lire en le transposant à notre propre manière d’appréhender le monde ?

Quatrième de couverture : Pourquoi les bébés aiment patouiller ? Pourquoi jouent-ils avec les emballages ? Pourquoi montent-ils sur le toboggan à contre-sens ? Pourquoi préfèrent-ils poursuivre les pigeons plutôt que s’extasier devant la girafe ? En un mot, pourquoi nos bébés ne font jamais ce qu’on attend d’eux ?

Dans ce livre, Laurence Rameau montre comment les tout-petits jouent à découvrir le monde autour d’eux, à l’explorer et à le tester. Elle montre comment le temps de la petite enfance est riche en expérience et en possibilités. Elle prévient les adultes des erreurs à ne pas commettre : de l’inefficacité, voire de la nocivité de certaines de leurs interventions dans les jeux des petits. Au contraire elle montre comment les suivre dans leur recherche de vérité et comment les accompagner à faire seuls ce qui les intéresse vraiment.

Cet âge se distingue de tous les autres. La seule manière de laisser grandir harmonieusement nos jeunes enfants, c’est de leur permettre de vivre à fond et librement chaque étape, d’en exploiter toutes les richesses.

L’auteur nous propose des explications sur différentes actions des bébés :

– pourquoi ils aiment « patouiller »

– pourquoi ils jouent avec les cartons

– pourquoi ils montent sur le toboggan à l’envers

– pourquoi ils collent des gommettes sur la table

– pourquoi ils mangent les crayons

– pourquoi ils aiment jouer avec les pigeons

– pourquoi ils se cachent

– pourquoi ils regardent la télévision

Le chapitre sur la patouille nous parle d’exploration, d’expérience et il résonne énormément en moi car il évoque les capacités sensorielles des bébés, ces capacités si développées et que nous, adultes, avons tendance à oublier pour ne garder que celles qui nous sont le plus utiles : la vue et l’ouïe. En patouillant, le bébé développe son sens du toucher, découvrant des textures et comment ses actions peuvent jouer sur elles. En patouillant avec sa bouche (les bébés mettent tout à la bouche, nous le savons bien), il développe son sens du goût, de l’odorat.« Les capacités sensorielles des bébés servent leur développement cognitif de manière totalement empirique ». Ils explorent le monde à l’aide de tous leurs sens en même temps, sans limites, sans à priori.

Et si nous aussi, adultes, décidions de patouiller un peu plus dans notre vie ? Plonger nos mains dans le sable, la terre humide, la pâte à gâteau, la terre glaise… en conscience, pour nourrir nos sens, pour ouvrir un œil neuf sur le monde dans lequel nous vivons, pour ouvrir un œil neuf sur nous-mêmes ?

Le chapitre sur la toboggan nous parle de motricité libre, de comment les enfants investissent leur espace avec le mouvement, avec leur corps. « Les jeunes enfants ont besoin de sentir et d’exprimer leur motricité, de situer leur corps dans l’espace. […] C’est dans le mouvement du corps qu’ils explorent leur environnement et qu’ils expriment ce qu’ils ressentent, avant même l’utilisation du langage. ». C’est ainsi qu’il va tester toutes les manières de monter sur le toboggan, dont la plus facile : monter par le toboggan, pour ensuite redescendre. De plus, le fait pour l’enfant de monter par le toboggan le met en relation directe avec les autres enfants, en face à face. Cela leur apprend la négociation, l’écoute du désir de l’autre.

Et si nous aussi, adultes, décidions aussi d’écouter le mouvement de notre corps ? Que ce soit à travers la danse, la gym ou simplement en marchant. Qu’apprenons-nous sur nous-même à travers ce mouvement ?

Et si nous aussi, adultes, décidions de prendre les toboggans de notre vie à l’envers ? Aller à contre-courant du flux des autres, de leurs attentes, de nos à-priori ? Aller à la rencontre des autres, de nous-même ?

Le chapitre sur les gommettes évoque la manière dont nous, adultes, cherchons à diriger les bébés dans leurs activités. Faire des gommettes pour décorer un sapin de Noël en papier, des dominos, appliquer des règles sont très loin des préoccupations des jeunes enfants qui consistent à découvrir, à s’approprier les objets pour créer leur propre jeu. Cela nous confronte à la notion de respect des règles, de cadre, notion qui n’a aucun sens pour les bébés et qui pour nous, adultes, est primordiale. Ainsi l’auteur nous encourage à laisser les bébés initier leurs propres jeux, sans les guider mais en les accompagnant, en acceptant la tasse de thé qu’ils viennent spontanément nous proposer sans en réclamer une : les laisser libres de créer, de découvrir, sans les enfermer dans nos propres demandes. L’enfant se construira ainsi selon ses expériences, pour lui-même et non pour le regard de l’adulte en attente de quelque chose.

Et si nous aussi, adultes, décidions de nous affranchir des règles qui conditionnent notre vie ? Ces programmations internes qui nous obligent à suivre la ligne, à ne jamais en sortir ? Et si nous décidions d’écrire les nouvelles règles de notre vie ?

Je ne vais pas rentrer dans le détail de tous les chapitres, je vous laisse les découvrir… avec un regard d’enfant 😉

Et venez me dire ce que cela a éveillé en vous ! (ou pas 😉 )

Et pour une analyse de ce livre plus axée « parentalité », c’est sur le site des Vendredi Intello !