Un, deux, trois… respirez !

“De temps en temps se retirer de ce qu’on fait, et gagner quelque hauteur pour respirer et dominer.”

Jules Renard / Journal 1893 – 1898

Respirer. La respiration. Cette fonction essentielle, indispensable, vitale… et que pourtant, nous maîtrisons si mal.

Respiration haute, courte, saccadée, coupée quand le stress, les émotions nous emportent.

Alors qu’elle pourrait être calme, régulière, ample, profonde, apaisée, apaisante… abdominale.

La respiration conditionne en effet notre équilibre physiologique, émotionnel, mental.

  • Physiologique par son rôle d’échange entre le dioxyde carbone et l’oxygène au niveau des poumons, cet oxygène si vital pour toutes nos cellules.
  • Émotionnel par sa capacité à nous apaiser, à nous permettre de prendre du recul vis-à-vis de nos émotions, des situations difficiles.
  • Mental par sa puissance à écarter les pensées parasites et nous mettre dans un état d’esprit paisible.

C’est pourquoi en sophrologie, la respiration est une des premières choses que nous travaillons : prendre conscience de notre respiration abdominale, qu’elle devienne notre respiration spontanée, pour pouvoir ensuite la mettre à profit dans les différentes pratiques, en fonction de notre problématique, pour retrouver la sérénité et le « mieux-être ».

Mais comment y arriver ?

La sophrologie, qu’elle soit caycédienne ou ludique, nous propose plusieurs pistes pour nous permettre d’apprivoiser notre respiration.

Cela passe par un travail corporel, avec des balles, des plumes, des bougies… Prendre conscience de notre respiration par la mobilisation du souffle. 

  • Découvrir les limites de notre cage thoracique, de nos poumons, de notre sangle abdominale ;
  • Découvrir comment notre respiration conditionne le mouvement de tout notre corps, nous ancre au sol, nous rend équilibre et stabilité ;
  • Identifier les blocages, les zones de tensions respiratoires pour mieux les lever ;
  • Identifier les différents étages respiratoires :
  1. L’étage sous-claviculaire, lieu où se fixe notre respiration lorsqu’elle n’est que « pensées ».
  2. L’étage thoracique qui abrite, lui, notre respiration lorsqu’elle est dominée par les émotions.
  3. L’étage abdominal, celui utilisé en sophrologie, celui où peut s’installer la confiance, la sérénité.

Puis ensuite comprendre que le souffle nous permet de porter l’attention, l’intention, la concentration, qu’il n’est pas que mouvement passif mais bien au contraire, un élément moteur de notre corps, de nos pensées, de nos émotions.

Et enfin, rapidement, nous pourrons mettre à profit cette respiration retrouvée, ce nouveau souffle.

  • Utiliser la respiration, ce mouvement de va-et-vient en nous, pour reprendre conscience de notre schéma corporel, le découvrir, l’accepter et l’aimer, tel qu’il est. Utiliser la respiration pour doucement nous mener vers le sommeil, le repos.
  • Utiliser l’expiration pour nous libérer des tensions, chasser le négatif ou au contraire somatiser du positif, l’intégrer en nous. Utiliser l’expiration pour synchroniser en nous ces mots porteur de paix, de calme, de confiance.
  • Utiliser la pause respiratoire, ce moment à la fin de chaque inspiration et de chaque expiration, pour faire abstraction du monde extérieur, appuyer sur « pause » un moment dans notre vie et laisser le calme, la tranquillité s’installer en nous.
  • Utiliser la respiration, la rétention d’air en nous, pour effectuer les mouvements de relaxation dynamique, les tensions douces, pour mieux prendre conscience de notre corps à travers le mouvement, la détente.
  • Utiliser l’inspiration pour la viphi, cette présence de notre corps dans la conscience, et l’expiration pour la sensation isocay, cet éveil de sentiments vitaux dans notre corps.

Et si vous décidiez de prendre un nouveau souffle ?